Petite pervenche

Bon, on a clairement essuyé un échec. On l’anticipait en juillet, l’intense chaleur et le manque de précipitations ont traumatisé la végétation. Sur ce plateau du Bugey, le sol avant la roche est peu profond et l’eau n’est pas retenue. Très rapidement, les fleurs ont grillé et les abeilles n’ont eu que peu de nectar et pas de miellat (produit par les pucerons) à collecter. Résultat : une production limitée et une colonie affaiblie. C’était un pari à faire. L’un s’est avéré payant dans le massif du Lubéron, celui du Bugey non, l’an dernier les rôles étaient inversés. On a quand même hâte de pouvoir vous partager leur précédent travail (on y travaille 😉).

Il était urgent de déplacer Petite pervenche , les abeilles ne trouvaient plus rien à butiner à 900 m d’altitude. Immédiatement après le retrait de la hausse (qui auraient le miel) mi-août, Mickaël, Lucas, et Gaëtan sont intervenus en soirée pour déplacer l’ensemble du rucher. Ils ferment les portes à 21h, une fois que les abeilles sont toutes rentrées, chargent les ruches sur la remorque, les attachent avec des sangles, et c’est parti pour 1h30 de trajet. Amenées dansla Dombes, au milieu des étangs, les habitantes dePetite pervenche ont immédiatement retrouvé de l’eau et du nectar ! Il est sécrété par le lierre qui commence tout juste à fleurir (début septembre). Eh oui, vous ne saviez peut-être pas que le lierre est une des plantes les plus nectarifères, il tient un rôle crucial dans la constitution des réserves hivernales des abeilles. C’est la source la plus tardive qui peut fleurir 2 fois si la température le permet, et ce, jusque mi-décembre. Ne le détruisez pas et favorisez-le plutôt (il doit dépasser son support pour fleurir : mur, arbre, poteau).

On est doublement confiants puisque la personne qui s’occupe du domaine a planté plus de 18 hectares de moutarde qui doit fleurir fin octobre. Une autre source très importante de nectar !

2 photos bonus en bonne qualité : la disposition du rucher de la Dombes et la récolte en cours

Il nous reste 2 choses à faire : aider les abeilles à se défaire du varroa et lutter à leurs côtés contre les frelons.

Le varroa est l’ennemi numéro 1 des abeilles. Un petit acarien qui se fixe sur leur corps et le pique pour se nourrir du tissu adipeux. La plaie devient un foyer infectieux qui entraîne des malformations et des maladies. Plus la pression (le nombre d’acariens) est forte, plus les abeilles sont touchées, moins la colonie est en bonne santé, moins elle est capable d’engranger du nectar, du pollen, de l’eau, ou encore de lutter contre les brusques changements de température (le nombre d’abeilles étant important). Il faut donc faire baisser au plus vite la pression pour que la préparation hivernale se déroule dans les meilleures conditions possibles et que les abeilles d’hiver soient en excellente santé. C’est donc ce que nous avons débuté immédiatement après la dernière récolte.

Mais le varroa n’est pas le seul danger qui guette nos abeilles. Il y en a un beaucoup plus impressionnant qui rôde à l’extérieur de la ruche : les FRELONS. Qu’ils soient européens ou asiatiques, leur présence est constante, leur appétit insatiable, et leur nombre exceptionnellement élevé cette année ! On vous raconte cette lutte dans la prochaine actualité.