Edelweiss

Voilà qui est fait, la ruche Edelweiss est installée et ses valeureuses habitantes redoublent d’efforts depuis plusieurs semaines pour préparer au mieux la période hivernale qui se profile. Elles viennent d’en avoir un avant-goût avec cette vague de froid plutôt surprenante qui ne leur fait pas que du bien.

L’essaim a été créé en juin dernier, dans la Dombes, avec une jeune et fougueuse reine qui n’a eu depuis qu’un seul objectif : augmenter la taille de la colonie, donc produire beaucoup d’œufs 🥚. Comme elle est la seule à pouvoir le faire, elle n’a pas chômé. Plus ou moins 60.000 naissances depuis sa prise de fonction ! Pour se faire, il faut que l’environnement fournisse des quantités importantes de pollen, de nectar, et d’eau. C’est pour ça que nous avons choisi la Dombes et ses étangs. Le tilleul, la ronce, le tournesol, et la moutarde sont les espèces que les abeilles ont privilégiées jusqu’à la fin de l’été. D’ici peu, elles vont aller visiter le lierre. Eh oui, vous ne saviez peut-être pas que le lierre est une des plantes les plus nectarifères, il tient un rôle crucial dans la constitution des réserves hivernales des abeilles. C’est la source la plus tardive qui peut fleurir 2 fois si la température le permet, et ce, jusque mi-décembre. Ne le détruisez pas et favorisez-le plutôt (il doit dépasser son support pour fleurir : mur, arbre, poteau).

Au fait, comment avons-nous créé la colonie Edelweiss?

La formation d’un essaim est un phénomène naturel qui assure la pérennité de l’espèce (par la multiplication des colonies) et que nous avons simplement supervisé ici.

Créer un essaim n’est pas une mince affaire ; il nous faut prélever 3 cadres de couvain dans une ruche assez forte et s’assurer qu’ils contiennent des œufs, des larves, et des abeilles prêtes à naître. 🥚 Les œufs ressemblent à de minuscules petits grains de riz plantés verticalement au fond des cellules, il faut donc avoir l’œil aguerri pour les observer. Enfin, ces cadres doivent aussi comporter suffisamment d’abeilles et des réserves minimales de miel et de pollen pour assurer un bon démarrage. 🍯

L’introduction d’une jeune reine

Il n’y a qu’une seule reine par colonie et sa présence est nécessaire à la survie de l’essaim (la seule capable de pondre, vous avez suivi 😏). Cette nouvelle reine est introduite à l’aide d’une cagette en plastique qui doit permettre sa libération en douceur. C’est une mission délicate puisque son acceptation dépend uniquement des ouvrières présentes sur les cadres que nous avons prélevés dans une autre ruche. Si elle ne leur convient pas, le scénario s’approche alors grandement de celui de 1789 … Matriarcat oui, mais en démocratie ! 👑

2 photos bonus en bonne qualité : l’ouverture de la ruche et la disposition du rucher de la Dombes

Il nous reste 2 choses à faire : aider les abeilles à se défaire du varroa et lutter à leurs côtés contre les frelons.

Le varroa est l’ennemi numéro 1 des abeilles. Un petit acarien qui se fixe sur leur corps et le pique pour se nourrir du tissu adipeux. La plaie devient un foyer infectieux qui entraîne des malformations et des maladies. Plus la pression (le nombre d’acariens) est forte, plus les abeilles sont touchées, moins la colonie est en bonne santé, moins elle est capable d’engranger du nectar, du pollen, de l’eau, ou encore de lutter contre les brusques changements de température (le nombre d’abeilles étant important). Il faut donc faire baisser au plus vite la pression pour que la préparation hivernale se déroule dans les meilleures conditions possibles et que les abeilles d’hiver soient en excellente santé. C’est donc ce que nous avons débuté immédiatement après la dernière récolte.

Mais le varroa n’est pas le seul danger qui guette nos abeilles. Il y en a un beaucoup plus impressionnant qui rôde à l’extérieur de la ruche : les FRELONS. Qu’ils soient européens ou asiatiques, leur présence est constante, leur appétit insatiable, et leur nombre exceptionnellement élevé cette année ! On vous raconte cette lutte dans la prochaine actualité.