Colchique

Votre ruche accueille de nouveaux parrains qui nous ont rejoint en fin d’année. Bienvenue à eux dans la belle aventure du parrainage d’abeilles, et bonne lecture !

Pour couronner une année exceptionnellement anormale, le mois de novembre nous a apporté un temps anormalement meilleur qu’en octobre et particulièrement chaud. Sympa pour bronzer un peu avant Noël, mais vraiment trop chaud, puisque novembre 2020 est tout simplement le mois de novembre le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale (pour les curieux Novembre 2020 : le plus chaud jamais enregistré dans le monde). Inutile de le répéter, mais le mur du réchauffement climatique arrive plus vite que celui de n’importe quel virus… (essayons de remettre en perspective les choses).

Chaleur et problèmes

Ces chaudes journées ensoleillées nous ont, certes, permis de ressortir le t-shirt pour aller rendre visite à Colchique et constater l’activité sur la planche d’envol. Les abeilles sortaient collecter le pollen et le nectar qu’elles n’ont pas pu récupérer en octobre. Mais cette chaleur favorise aussi l’activité des guêpes et des frelons qui tentent inlassablement d’accéder au précieux butin que contient la ruche. A force de prélever des abeilles, les frelons affaiblissent suffisamment la colonie au point de pénétrer à l’intérieur pour profiter du miel, du pollen, et des larves. Nous avions mené une campagne de piégeage (avec des pièges spéciaux) à l’aide d’une potion magique à base de grenadine (80 %) + vinaigre rouge (20 %) pendant 2 mois, et capturé des individus à la raquette électrique, ce qui a fait retomber la pression, mais ils sont revenus en novembre. 3 ruches y sont passées. Vous pouvez aider les insectes et l’ensemble des abeilles autour de chez vous en plaçant des pièges suffisamment tôt au printemps pour capturer les reines fondatrices des colonies de guêpes ou de frelons (il y en aura encore plus en 2021…).

On pourrait lister plusieurs autres dérèglements liés à cette chaleur, un seul pour finir : celui du non-repos des abeilles. 3 à 4 semaines autour de zéro degré (extérieur) impose un repos quasi complet à la colonie. Elle s’organise pour produire un minimum de chaleur, 6-7 degrés en périphérie du groupe (imaginez les groupes de manchots, c’est pareil), pour éviter que les abeilles ne tombent en léthargie (et donc tombent au fond de la ruche là où elles mourraient de froid). Et cette période fraiche, de repos quasi complet, stoppe l’élevage des jeunes abeilles et donc la propagation du varroa (cet acarien problème numéro un des abeilles). Elle permet aussi à la reine de se reposer. C’est donc un reset, une remise à zéro des compteurs, bénéfique au groupe.

Le mois de janvier commence donc bien, avec des températures de saison qui permettent de reposer les abeilles.

Dernière intervention

Du côté de Charleval, la température clémente le 24 novembre dernier nous a permis de faire un contrôle complet du corps de ruche. La préparation automnale s’est très bien déroulée dans le sud et les abeilles ont réussi à occuper les nouveaux cadres ajoutés. Actuellement, la ruche pèse 21,6kg, c’est un peu juste pour lui permettre de passer un hiver serein (surtout si les abeilles continuent d’avoir un tel niveau d’activité avec quasiment aucune ressource florale). On a donc complété ses réserves en ajoutant un bloc de pate sucrée au-dessus du corps de ruche auquel elles ont accès via un trou au plafond de leur maison. C’est aussi une précaution : si elles ne le consomment pas, tant mieux. Pour limiter les pertes thermiques au niveau du toit, on place une couche isolante en polystyrène et on laisse un volume d’air qui apporte aussi une isolation thermique.

Et sinon, on s’assure globalement que la tranquillité règne sur le rucher. On passe régulièrement vérifier qu’un animal n’ait pas déplacé ou renversé une ruche et que le vent ne soulève pas les toits. Il y a toujours des surprises.