Ail d'ornement

Installées, prêtes, alors dormez ! Eh oui, c’est la meilleure chose que puissent faire les abeilles en ce moment. La température extérieure est trop basse pour leur permettre d’aller faire un petit vol d’entretien et puis elles n’aiment pas vraiment la neige, la pluie, et le vent. ❄️ On les comprend.

Cet hiver, qui semble ressembler un peu plus aux hivers classiques (vous savez ceux d’avant, quand il y avait de la neige) car plus froid est une aubaine pour les abeilles. Elles sont forcées de stopper quasiment toute activité, réduisent donc leur consommation, et ne poursuivent plus l’élevage de nouvelles abeilles. C’est une bonne nouvelle d’un point de vue sanitaire. On devrait retrouver des colonies en meilleure santé au printemps (comparativement à l’an dernier).

Et sinon, que dire de cet essaim ?

L’essaim est le groupe constitué par l’ensemble des abeilles d’une colonie (la boule noire qu’on peut parfois voir suspendue à une branche). Pour le créer, on a prélevé 3 ou 4 cadres dans une ruche forte en juillet 2020, en s’assurant qu’ils contiennent des œufs, des larves, des abeilles prêtent à naître, du miel, du pollen, et aussi suffisamment d’abeilles pour développer une nouvelle colonie. On a introduit une nouvelle reine au cours d’une grande cérémonie qui se résume à : introduire une cage en plastique de laquelle elle sera libérée par les abeilles extérieures (rassurez vous, c’est plus simple qu’un escape game 🤓). Et puis au départ on a aidé ce petit groupe à se développer en lui apportant des provisions que le peu de butineuses encore présentes ne pouvaient pas rapporter.

On vous propose un petit retour en arrière, en décembre dernier, lorsque les températures trop élevées ont perturbé la mise en hivernage. Les chaudes journées ensoleillées d’alors, nous ont certes permis de ressortir le t-shirt pour aller rendre visite à Ail d’ornement et constater l’activité sur la planche d’envol. Les abeilles sortaient collecter le pollen et le nectar qu’elles n’ont pas pu récupérer en octobre. Mais cette chaleur favorise aussi l’activité des guêpes et des frelons qui tentent inlassablement d’accéder au précieux butin que contient la ruche. A force de prélever des abeilles, les frelons affaiblissent suffisamment la colonie au point de pénétrer à l’intérieur pour profiter du miel, du pollen, et des larves. Nous avions mené une campagne de piégeage (avec des pièges spéciaux) à l’aide d’une potion magique à base de grenadine (80 %) + vinaigre rouge (20 %) pendant 2 mois, et capturé des individus à la raquette électrique, ce qui a fait retomber la pression, mais ils sont revenus en novembre. 3 ruches y sont passées. Vous pouvez aider les insectes et l’ensemble des abeilles autour de chez vous en plaçant des pièges suffisamment tôt au printemps pour capturer les reines fondatrices des colonies de guêpes ou de frelons (il y en aura encore plus en 2021…).

On pourrait lister plusieurs autres dérèglements liés à cette chaleur, un seul pour finir : celui du non-repos des abeilles. 3 à 4 semaines autour de zéro degré (extérieur) impose un repos quasi complet à la colonie. Elle s’organise pour produire un minimum de chaleur, 6-7 degrés en périphérie du groupe (imaginez les groupes de manchots, c’est pareil), pour éviter que les abeilles ne tombent en léthargie (et donc tombent au fond de la ruche là où elles mourraient de froid). Et cette période fraiche, de repos quasi complet, stoppe l’élevage des jeunes abeilles et donc la propagation du varroa (cet acarien problème numéro un des abeilles). Elle permet aussi à la reine de se reposer. C’est donc un reset, une remise à zéro des compteurs, bénéfique au groupe.

Le mois de janvier commence donc bien, avec des températures de saison qui permettent de reposer les abeilles.

Dernière intervention

Du côté de la Dombes, la température clémente le 18 novembre dernier nous a permis de faire un contrôle complet du corps de ruche. La préparation automnale ayant été perturbée par le mauvais temps, les abeilles n’avaient pas réussi à occuper les nouveaux cadres ajoutés. On a les retiré, on a resserré les cadres sur lesquelles elles vivent et placé des cadres thermiquement réfléchissants autour de ce nid de vie. Actuellement, la ruche pèse 19kg, c’est un peu juste pour lui permettre de passer un hiver serein (surtout si les abeilles continuent d’avoir un tel niveau d’activité avec quasiment aucune ressource florale). On a donc complété ses réserves en ajoutant un bloc de pate sucrée au-dessus du corps de ruche auquel elles ont accès via un trou au plafond de leur maison. C’est aussi une précaution : si elles ne le consomment pas, tant mieux. Pour limiter les pertes thermiques au niveau du toit, on place une couche isolante en polystyrène et on laisse un volume d’air qui apporte aussi une isolation thermique.

Et sinon, on s’assure globalement que la tranquillité règne sur le rucher. On passe régulièrement vérifier qu’un animal n’ait pas déplacé ou renversé une ruche et que le vent ne soulève pas les toits. Il y a toujours des surprises.