Gentiane jaune

Nous l’attendions, nous l’espérions, nous croisions les doigts pour que la floraison des acacias se déroule dans de bonnes conditions. Forcément, le parcours sans faute … ça n’existe pas. Il ne fallait pas sortir les saints de glace de l’équation. Grosse douche froide pour tout le monde sur la colline pourtant recouverte d’acacias de Boucieu-le-roi. D’après les apiculteurs locaux, c’est un début d’année catastrophique, « les fleurs sont passées trop vite ». L’endroit était pourtant magnifique, on avait galéré comme pas possible pour placer les ruches au milieu de cette forêt de pins, on les avait bichonnées, et patatras ! Tout bien compté, c’est une dizaine de kg de miel qu’on a pu récupérer le 20 mai sur les 34 ruches installées. Un bel échec.
Bon, autre ombre au tableau, des signaux faibles nous ont amené à réviser notre diagnostic sur la reine : moins d’abeilles dans la hausse, des constructions en cire qui prennent beaucoup de temps, une ponte pas si importante. Il faut prendre une décision. On propose donc une retraite plus tranquille à la reine avec l’objectif de développer à petit rythme un nouvel essaim. A sa place, on intronise, le 21 mai, une jeune et fougueuse reine qui doit venir dynamiser la croissance et le nombre d’individus.
Elle prend ses fonctions juste après la période froide et pluvieuse des saints de glace. La dynamique était donc en berne, les fleurs dévalées, et les abeilles confinées (elles aussi !). Le challenge est donc relevé. Pour lui faciliter la tâche, on déplace la colonie à Bourdeau, au pied du château et au bord du lac d’Aix-les-Bains.
Petite chronologie : le 28 mai, on prépare les colonies en Ardèche, on attend que les dernières rentrent à la maison. On ferme les portes à 22h, on débute le chargement, 34 ruches x 45 kg sur 200m en pleine nuit et en forêt (on vous laisse imaginer … 🙄). 4h plus tard, Gentiane jaune est sanglée sur la remorque comme 33 autres ruches, on part. Arrivée à Bourdeau à 4h30, on décharge pendant 2h30, puis 1h de voiture, boulangerie, dodo 😴. Comme l’impression d’être revenus 10 ans en arrière au cours d’une séance d’entrainement intense. Un grand merci à Lucas, venu de bon cœur nous prêter main-forte, il n’a pas été déçu du voyage !
A Bourdeau, on compte beaucoup sur les très nombreux tilleuls et leur impressionnante capacité à produire du nectar pour que les abeilles refassent les provisions stratégiques du corps et remplissent une hausse voire plus. Les ronces sont aussi en train de fleurir et bourdonnent de leurs premières visiteuses. On en saura plus mi-juin 🤞.