Iris des marais

Nous l’attendions, nous l’espérions, nous croisions les doigts pour que la floraison des acacias se déroule dans de bonnes conditions. Il s’en est fallu de peu pour que nos espoirs soient littéralement douchés par la pluie et le vent qui sont arrivés en milieu/fin de floraison. Heureusement pour Iris des marais, ses valeureuses butineuses ont pu largement profiter des belles grappes blanches qui recouvraient les nombreux acacias présents dans les bois de Lapeyrouse.
En effet, la déconvenue du Sud nous a incité à placer ces ruches dans un environnement qui allait leur permettre de refaire des provisions dans le corps et pourquoi pas stocker le surplus dans leur hausse. Et la magie s’est produite ! Pour Iris des marais et ses voisines, ça a été une méga ruée vers l’or blanc. Et on n’exagère pas.
Petite chronologie : le 25 avril à minuit départ du Sud, arrivée à 3h sur place où deux collègues ont mis le réveil et nous attendent (oui ils sont motivés 💪). De 3 à 5h, on les place, puis on enchaîne au nord de l’Isère (mais c’est une autre histoire). 8h, les abeilles pointent leurs antennes dehors, 10h, elles envahissent les acacias 2m au-dessus de leur ruche. Résultat après une semaine : le corps est plein, la hausse est quasi pleine. C’est magique. L’endroit est magnifique, au bord d’un étang, pas âme qui vive autour mis à part une bruyante colonie d’oies sauvages, des canards, et des lapins qui gambadent entre les ruches. Idyllique, on vous dit 👌.
Bon, petite ombre au tableau, des signaux faibles nous ont amené à réviser notre diagnostic sur la reine : moins d’abeilles dans la hausse, des constructions en cire qui prennent beaucoup de temps, une ponte pas si importante. Il faut prendre une décision. On propose donc une retraite plus tranquille à la reine avec l’objectif de développer à petit rythme un nouvel essaim. A sa place, on intronise, le 21 mai, une jeune et fougueuse reine qui doit venir dynamiser la croissance et le nombre d’individus que compte Iris des marais.
Elle prend ses fonctions juste après la période froide et pluvieuse des saints de glace. La dynamique était donc en berne, les fleurs dévalées, et les abeilles confinées (elles aussi !). Le challenge est donc relevé.
Lorsqu’on a récolté, le 20 mai (le jour précédant l’intronisation), on a récupéré uniquement les cadres qui étaient remplis dans la hausse. On a goûté ce miel. Il est dingue. On a hâte que vous le goûtiez aussi. On a beaucoup de boulot pour accompagner au mieux vos abeilles, mais on vous prépare tout ça 😋.