Bourache

Nous l’attendions, nous l’espérions, nous croisions les doigts pour que la floraison des acacias se déroule dans de bonnes conditions. Il s’en est fallu de peu pour que nos espoirs soient littéralement douchés par la pluie et le vent qui sont arrivés en milieu/fin de floraison. Heureusement pour Bourache, ses valeureuses butineuses ont pu largement profiter des belles grappes blanches qui recouvraient les nombreux acacias présents dans les bois de Cessieu. D’ailleurs, cela crée une ambiance assez particulière lorsque l’on arrive sur le rucher puisque l’on passe sous les acacias en fleur et, d’un seul coup, on se trouve au beau milieu d’un sourd et puissant bourdonnement qui vient de la cime des arbres. On croirait presque avoir enfilé un casque audio diffusant le son de plusieurs dizaines de milliers d’abeilles en vol.
Les acacias ont débuté leur floraison autour du 24 avril et les abeilles ont pu immédiatement stocker ce nectar dans leur hausse. En effet et avant cette intense période, elles avaient réussi à en collecter sur le saule marsault, les prunelliers, les pruniers, les cerisiers, les pommiers, l’aubépine, et le colza. Bourache et ses voisines nous ont permis de faire une première toute petite récolte, qui n’en est pas moins exceptionnelle en termes de saveurs.
On disait donc que le stockage du nectar d’acacia a débuté très vite. Pour autant, des signaux faibles nous ont amené à réviser notre diagnostic sur la reine : moins d’abeilles dans la hausse, des constructions en cire qui prennent beaucoup de temps, une ponte pas si importante. Il faut prendre une décision. On propose donc une retraite plus tranquille à la reine avec l’objectif de développer à petit rythme un nouvel essaim. A sa place, on intronise, le 21 mai, une jeune et fougueuse reine qui doit venir dynamiser la croissance et le nombre d’individus que compte Bourache.
Elle prend ses fonctions juste après la période froide et pluvieuse des saints de glace. La dynamique était donc en berne, les fleurs dévalées, et les abeilles confinées (elles aussi !). Le challenge est donc relevé.
Lorsqu’on a récolté, le 19 mai (2 jours avant l’intronisation), on a récupéré uniquement les cadres qui étaient remplis dans la hausse. On a goûté ce miel. Il est dingue. On a hâte que vous le goûtiez aussi. On a beaucoup de boulot pour accompagner au mieux vos abeilles, mais on vous prépare tout ça 😋.